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Grande Liste des Dieux de Sumer, IIe millénaire avant J-C, Musée du Louvre
Grande Liste des Dieux de Sumer, IIe millénaire avant J-C, Musée du Louvre

Le site consacré à l’exposition de la BNF intitulé : “Tous les savoirs du monde : Encyclopédies et biliothèques, de Sumer au 21ème siècle” qui s’est déroulé en 1996-1997 permet de mieux comprendre les fondements de l’Encyclopédisme depuis l’Antiquité.

Vous pouvez retrouver ce site à l’adresse suivante : http://classes.bnf.fr/dossitsm/index.htm

De Sumer au XXI ème siècle s’organise une longue histoire intellectuelle. Au fil des siècles, la démarche encyclopédique prend forme et s’élabore autour de 4 notions clées: rassembler, classer et donner accès.

Retraçons les périodes essentielles de l’histoire de l’Encyclopédisme :

– Ninive au 12ème siècle avant J.C. : Nous retrouvons cete volonté de « rassembler » : les premières bibliothèques et notamment la plus prestigieuse, Assurbanipal, regroupaient entre 25 000 et 30 000 tablettes. Tout ce qui était jugé « digne » était conservé. Ces tablettes d’argile, écrites en caractères cunéiformes témoignent d’une volonté de systématisation et d’organisation.

– Bagdad au 9ème siècle: le calife al-Ma’mûm va améliorer les traductions (les livres grecs sont traduits en arabe), les confronter et les utiliser pour produire des oeuvres nouvelles.

– Cordoue au 10ème siècle: le calife al Hakam II constitue yne bibliothèque de 400 000 volumes. Il acquiert des livres dans les pays où il implante des « libraires-corresponts ». Il installe à son service de nombreux libraires-copistes et relieurs et fait rédiger des livres dans des domaines divers. Une volonté comme l’Encyclopédie de regrouper tous les savoirs possibles.

– France au 12ème et 13ème siècle: l’enseignement médiéval place la foi au centre de toutes les connaissances et les arts libéraux sont rattachés à la théologie. Les arts libéraux sont classés en deux catégories: le Trivium (grammaire, rhétorique et didactique) et le Quatrivium (arithmétique, géométrie, musique et astronomie). Martianus Capella rédige son oeuvre: De Nuptiis Mercurii et philogioe sur la base de cette classification. Cet ouvrage fut la base de l’enseignement des écoles monastiques carolingiennes.

– Les apprentissages du Moyen-Age reposent essentiellement sur la mémoire par le biais de l’image (la liste, la mappemonde, le diagramme de l’arche de Noé) et de la parole (enseignement oralisé).

– La compilation encyclopédique commence véritablement avec Le Speculum Majus (1240-1260) du dominicain Vincent de Bauvais qui est une compilation de milliers de citations d’auteurs antiques, patristiques et médiévaux. Il répertorie et organise les connaissances nouvelles pour les mettre à la disposition des gouvernants. Il est conçu pour être utilisé facilement, divisé en 3 parties, chaque partie s’ouvre sur un sommaire.

– La renaissance: les humanistes quant à eux reviennent aux savoirs ancestraux: il redécouvre Aristote et Platon. La première occurence imprimée du mot « encyclopédie » revient à Rabelais avec Pantagruel en 1532.

– Au XVIIe siècle: les intellectuels refusent désormais de se tourner vers le passé. A l’instar de Francis Bacon où le savoir englobe désormais les sciences spéculative et le savoir-faire techniques. Pierre Bayle quant à lui à la fin du XVIIe siècle réalise le Dictionnaire historique et critique (1697) qui choisie l’ordre alphabétique, évite toute hiérarchie et privilégie la description des objets.

 

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