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Posts Tagged ‘Encyclopédie Universelle’

 

 

A l’heure de la (supposée) démocratisation de l’accès à Internet, le savoir, la connaissance sont accessibles en ligne – ou du moins cette mythologie est ainsi véhiculée. Ainsi chaque individu peut apprendre, satisfaire sa curiosité, découvrir… « en ligne ».

Avant que cet outil ne se soit répandu dans la société, ses effets possibles et probables ont été pensés par différentes institutions, dans différentes perspectives. Un des objectifs du rapport d’Alain Cordier de 1999 sur « Le livre numérique, Internet et la pensée » (source : Communication et langages n° 122, 4ème trimestre 1999) était de déterminer dans quelle mesure l’introduction d’Internet, et son utilisation, sont susceptibles de modifier notre façon d’écrire et de penser. Ce rapport véhicule une partie des mythes liés à l’introduction d’Internet dans la société contemporaine, dont celui du lien hypertexte comme substitution de l’accumulation (de savoirs) à celle de l’acquisition, des logiques d’accès et de flux à celles de connaissance et de stock. Dans cet imaginaire collectif, le déterminisme technique est omniprésent : la machine fait l’homme (elle détermine ses modes de comportement et d’action).

Or penser ainsi revient à nier l’intérêt du lien hypertexte dans sa nature : celle de lier différents textes, de permettre une compréhension globale par la rupture de la linéarité (textuelle et pédagogique). C’était déjà une des perspectives de la mise en place du système des renvois dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

La pratique du lien hypertexte détermine donc ses effets ; la vertu ou le vice de l’hypertexte appartient au lecteur, au « surfeur », lui seul pouvant faire de cette technologie un instrument, un outil de réflexion, d’encyclopédisme par sa démarche intellectuelle de construction d’un savoir en mouvement.

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A propos de l’Encyclopédie de Diderot et de d’Alembert:

– Au départ, volonté de traduction de la Cyclopaedia or Universal Dictionnary of Arts and Sciences de Chambers (1728)

– Finalement, ils réalisent avec de nombreux collaborateurs (Rousseau, Montesquieu, Voltaire, etc.) l’Encyclopédie ou Dictionnaire universel des Arts et des Sciences (1750) en 28 volumes

– Objectifs de leur travail: proposer une nouvelle manière de penser et de faire penser qui cherche à lutter contre les préjugés et la tradition avec l’élaboration des sytèmes de renvois.

– Pourquoi leur oeuvre est-elle innovante? Car, elle marque l’avénement d’une conception laique de l’Encyclopédie.

Puis après?

– Fin XIXe siècle: Pierre Larouse publie le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Répond à des objectifs pédagogiques et s’adresse à un public moins cultivé. Changement de visé par rapport aux siècles des lumières: il s’agit non plus de destiné l’Encyclopédie à des intellectuels éclairés mais auxplus grands nombres possibles (objectifs de démocratisation)

– XXe siècle: de nombreuses Encyclopédies sont publiées et témoignent d’un réel engouement des lecteurs: l’exemple le plus probant est celui de l’Encyclopaedia Universalis qui s’inspire de son homologue Anglais: Encyclopaedia Britannica

– Les années 1990: premières versions des Encyclopédies sur CD-ROM. Le lecteur devient acteur: il peut se créer des dossiers thématiques et devient l’éditeur de son Encyclopédie. Le lecteur pilote lui même ses recherches. Mais il s’agit toujours de transmission d’un savoir par les auteurs qui ont écrit les textes.

A l’ère du numérique:

– Aujourd’hui on peut se poser la question de la contribution sur les encyclopédies collaboratives ccomme Wikipédia. Les auteurs sont-ils vraiment fiables? Y-a t’il une réel expertise comme c’était le cas dans les versions encyclopédiques papiers et sur CD-ROM? N’y a t’il pas des enjeux commerciales là dessous?

Nupédia, par exemple, crée en 2000 par Jimmy Wales était un projet encyclopédique libre sur Interet. Elle se distinguait de Wikipédia par une politique stricte pour l’intégration des nouveaux articles, le comité scientifique visant à en faire une encyclopédie de qualité comparable aux encyclopédies professionnelles sur le marché. On la qualifiait souvent de plus sérieuse, mais la rareté des contributeurs lui a été fatale. Nupédia fut définitivement fermée en 2003. La contribution d’expert s’est avérée trop coûteux financièrement.

Perspectives:

– Vouloir créer une Encyclopédie ne suffit plus. Le temps des intelleectueks dévoués tout entier au savoir et pour n’importe quel prix est révolu. Aujourd’hui d’autres enjeux prennent le pas sur l’essence même du projet encyclopédique, à savoir: la transmission des connaissances.

 

 

 

 

 

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