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Dans une conception classique, l’encyclopédie se heurte à la limite du temps présent. En cela, elle serait opposable – et opposée – à la bibliothèque, qui serait un « point de départ », sans fin, à la connaissance.

OR…

Or les limites à la constitution d’une bibliothèque comme temple du savoir sans limite temporelle sont multiples : d’un point de vue cognitif, impossibilité de connaître et de rendre compte de l’intégralité des publications ; d’un point de vue financier, limitation des budgets d’acquisition ; d’un point de vue matériel, limitation du bâtiment, qui oblige au désherbage et (même !) au pilon, mais également de la durée de vie (plus ou moins) limitée des différents supports conservés et diffusés.

Or ne parle-t-on pas de bibliothèque encyclopédique ? (en tant qu’opposée à bibliothèque spécialisée)

Or ne parle-t-on pas d’Internet comme d’une gigantesque bibliothèque accessible à tous, n’importe où et n’importe quand ?

Or les « encyclopédies en ligne » font partie de cette gigantesque « bibliothèque » que constitue le réseau Internet…

Il semble vain de vouloir opposer ces deux sources de savoir, qui possèdent les mêmes limites : matérielles, financières et temporelles. La bibliothèque est en effet autant soumise au temps que l’encyclopédie : chaque bibliothèque est la photographie d’un état de connaissances à un instant T, tout comme l’encyclopédie. Certes la connaissance proposée en bibliothèque évolue avec les acquisitions, mais le projet encyclopédique ne s’arrête pas à la publication. En témoignent les rééditions…

L’encyclopédie et la bibliothèque ont le même dessein, la même perspective humaniste : apporter à l’homme un ensemble de connaissances, de pistes de réflexion, de réponses. L’encyclopédie est une petite bibliothèque, ou plutôt un état, une étape dans la constitution des connaissances que représente la bibliothèque.

Tout cela n’en devient que plus vrai avec les encyclopédies en ligne collaboratives ; les encyclopédies ne sont plus limitées dans le temps par la parution, et avec l’essor des bibliothèques numériques, ou électroniques, la frontière n’en devient que plus floue.

Dès lors, pourquoi chercher à définir, compartimenter, singulariser ? Si les définitions des bibliothèques et des encyclopédies tendent à se rejoindre, peut-être faut-il envisager de repenser l’un et l’autre selon ce nouvel éclairage ?

 

 

Le projet « Citizendium » a été lancé par Larry Sanger, le 16 septembre 2006. C’est une encyclopédie faisant appel à des experts pour guider le public dans l’écriture des articles. L’expertise concerne la vérification des articles.

Larry Sanger souhaite proposer un modèle alternatif aux encyclopédies libres. Il explique son projet de cette façon:

« Le monde a besoin d’une meilleure encyclopédie libre […] Nous croyons à la nécessité d’une alternative, que celle-ci est justifiée pour permettre à des personnes ordinaires de travailler sous l’égide d’experts. Nous croyons à la responsabilisation personnelle, incluant l’usage de véritables noms pour identifier les contributions. En bref, nous visons à créer une communauté responsable et à former de bons citoyens globaux. »

Il précise également que Citizendium ne sera pas vraiment une encyclopédie mais plutôt un lieu de travail expérimental. Un peu comme l’était le projet encyclopédique Nupédia.

Ce lieu de travail expérimental peut constituer une alternative intéressante aux encyclopédies libres, dans la mesure où les articles publiés possèdent le contrôle d’experts assurant ainsi une information vérifiée pouvant être légitimée. Mais c’est malgré tout un projet encyclopédique qui évolue lentement. C’est peut-être le prix à  payer pour avoir des articles de « qualité » contenant le moins d’erreurs possibles.

 

Le concept de \ »Wikialité\ » par The Colbert report

Cette vidéo, en anglais, issue du site Internet Colbert Nation qui diffuse des émission satiriques d’outre-Atlantique (The Colbert report)  présente de manière hillarante un nouveau concept: « la wikialité », c’est-à-dire le fait que si suffisamment de personnes croient en un fait, celui-ci devient avéré. Ou on pourrait reformuler ceci en disant que la « wikialité » est le fait de créer la réalité à laquelle on préfère croire.

WIKIALITE =  » Wikipédia » + « Réalité »

Un phénomène, qui, pour les détracteurs de Wikipédia est tout à fait palpable. Dans la mesure où sur cette encyclopédie libre, les personnes rédigeant des articles peuvent recréer une réalité, leur réalité à laquelle nous pouvons tous convenir.

Nicolas Vermeys, avocat auprès du barreau du Québec et coordinateur du CRDP (Centre de Recherche en Droit Public) a présenté, lors de son intervention, du 20 avril 2007, à Montréal s’intitulant: « Droit 2.0: droit et web 2.0 », les différents problèmes juriditionnels engendrés par les encyclopédies libres, type wikipédia. Ces problèmes reposent essentiellement sur la difficulté à exercer un contrôle communautaire sur ces encyclopédies et posent de manière centrale la question de la « wikialité ». Car, le fait que chacun d’entre nous puisse rédiger des articles au sein de ces encyclopédies entraînent des problèmes au niveau de la qualification de l’information. Nicolas Vermeys précise que ces encyclopédies n’empêchent en rien la désinformation, la diffamation et le plagiat.

Vous trouverez sur ce site: http://www.gautrais.com/Videos-de-la-conference-Droit-2 un lien vers les  vidéos des différents intervenants de la conférence « Droit 2.0: droit et web 2.0 » (Notamment l’intervention de Nicolas Vermeys sur la « wikialité »)

Le temps de l’encyclopédie

 

L’encyclopédie ne semble pouvoir s’inscrire que dans le présent, ne pouvant envisager de construction dans l’avenir. C’est, grossièrement schématisée, une des idées présentées dans le dossier de référence. Mais cette constatation ne nous semble pas être le propre de l’encyclopédie. N’est-ce pas, au contraire, le cas de tout ouvrage qui prétend à l’exactitude scientifique (et ici la science est élargie aux sciences sociales) ? La science, la « vérité », la vérité scientifique ne peuvent être prospectives, et la connaissance est toujours en construction, s’appuyant sur les savoirs acquis et les connaissances en train de se faire, en cours d’élaboration.

Ceci étant dit, l’introduction du numérique en ce qui concerne l’encyclopédisme apporte un changement majeur à cette temporalité nécessairement passée de l’encyclopédie (si l’on considère les délais entre la rédaction, l’impression et la publication, qui ne peuvent pas permettre que le contenu soit le reflet de l’état exact de l’avancée parallèle des connaissances) : les connaissances s’inscrivent véritablement dans le présent du savoir, en ce sens qu’elles sont potentiellement actualisables et visibles par tous au moment même où elles apparaissent. Bien sûr cette potentialité ne signifie pas qu’elle est nécessairement utilisée ou suivie d’effet, cependant il me semble que c’est là que réside la différence principale entre l’encyclopédie papier et l’encyclopédie numérique.

C’est le Web 2.0 qui permet cette immédiateté potentielle de l’actualisation et la visibilité des savoirs, donc cette introduction du temps véritablement présent dans la connaissance. On pourrait alors pousser le raisonnement jusqu’à la provocation. La mise en ligne d’informations fausses, erronées, partielles (et là ne sont pas considérés les motifs ni les objectifs de ceux qui agissent ainsi) ne participe-t-elle pas d’une construction des connaissances dans le futur ? Ces informations sont-elles espérées comme vraies, possibles, probables dans le futur ? Elles sont généralement rectifiées par des utilisateurs attentifs de ces encyclopédies 2.0, mais il convient de s’interroger sur leur signification du point de vue de ceux qui les introduisent (quand il ne s’agit pas simplement d’ignorance).

Le lien hypertexte

 

 

A l’heure de la (supposée) démocratisation de l’accès à Internet, le savoir, la connaissance sont accessibles en ligne – ou du moins cette mythologie est ainsi véhiculée. Ainsi chaque individu peut apprendre, satisfaire sa curiosité, découvrir… « en ligne ».

Avant que cet outil ne se soit répandu dans la société, ses effets possibles et probables ont été pensés par différentes institutions, dans différentes perspectives. Un des objectifs du rapport d’Alain Cordier de 1999 sur « Le livre numérique, Internet et la pensée » (source : Communication et langages n° 122, 4ème trimestre 1999) était de déterminer dans quelle mesure l’introduction d’Internet, et son utilisation, sont susceptibles de modifier notre façon d’écrire et de penser. Ce rapport véhicule une partie des mythes liés à l’introduction d’Internet dans la société contemporaine, dont celui du lien hypertexte comme substitution de l’accumulation (de savoirs) à celle de l’acquisition, des logiques d’accès et de flux à celles de connaissance et de stock. Dans cet imaginaire collectif, le déterminisme technique est omniprésent : la machine fait l’homme (elle détermine ses modes de comportement et d’action).

Or penser ainsi revient à nier l’intérêt du lien hypertexte dans sa nature : celle de lier différents textes, de permettre une compréhension globale par la rupture de la linéarité (textuelle et pédagogique). C’était déjà une des perspectives de la mise en place du système des renvois dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

La pratique du lien hypertexte détermine donc ses effets ; la vertu ou le vice de l’hypertexte appartient au lecteur, au « surfeur », lui seul pouvant faire de cette technologie un instrument, un outil de réflexion, d’encyclopédisme par sa démarche intellectuelle de construction d’un savoir en mouvement.

Nous voulons vous faire partager la lecture du blog Ednum08 que nous avons découvert grâce à un commentaire posté à l’un de nos articles qui nous invitait à aller surfer dans leur univers.

C’est un blog particulièrement interessant dans le domaine de l’édition numérique. Il est à l’initiative d’un groupe d’étudiant en Master 2 Edition numérique.

En voici la présentation faite:

« Ednum08 c’est une fenêtre sur les dernières nouveautés informatiques, les progrès des nouvelles technologies et les sites innovants qui envahissent le web! 

A travers des pages concoctées par un groupe d’étudiants en Master Edition Numérique, Ednum08 aborde de nombreux sujets allant du management de projets éditoriaux aux outils de traitement, gestion et publication de l’information.

Bref, notre créneau, c’est l’édition en ligne. »

 

Un programme particulièrement alléchant au regard du tumulte qui s’établit sans cesse dans le domaine de l’édition numérique.

 

Un blog à suivre…

Changement d’orientation

En dépit de ce que nous avions annoncé, nous avons décidé de changer d’orientation. Le document de référence rédigé par Annie Feyfant ne nous paraît pas apte à fonder une réflexion qui s’incrive dans la durée et qui nous permette de nous constituer une identité numérique propre.

Nous allons donc procéder différemment : d’une part, nous inspirer de divers documents pour retracer l’histoire des encyclopédies, papier et numérique, et d’autre part, réfléchir à leurs enjeux, aux problèmes ou questions qu’elles soulèvent à nos yeux.

Ceci étant dit, l’évolutivité de la réflexion permise par le format doit empêcher que ce billet ne soit confondu avec un programme. Nous voulons simplement préciser nos nouvelles orientations et présenter la manière dont nous percevons dorénavant l’utilisation de ce blog.